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Association Française du Conseil des Communes et Régions d'Europe

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17.03.2011

CONSOLIDER LES LIENS

La fête terminée, le partenariat ne fait que commencer. Si leur signification symbolique est évidente, les cérémonies officielles ne sont qu'une très faible partie de l'activité "jumelage" de la commune. Les animateurs doivent profiter de la dynamique ainsi créée. Ils devront veiller à ce que toutes les structures, toutes les associations et plus grand nombre d’habitants de la commune puissent, a priori, participer aux échanges et aux rencontres.

Concevoir ensemble les échanges

La préparation d'un programme d'échanges ne peut être le fruit d'un travail solitaire de chaque partenaire. C'est ensemble que les élus et les animateurs du jumelage des communes partenaires doivent définir orientations et priorités qui constituent la base du programme d'échanges. Le travail en commun des animateurs représente un enrichissement considérable pour les deux parties. La définition de ces orientations est l'occasion de confronter les points de vue, d'échanger sur les contraintes de chacun, bref, d'approfondir la connaissance mutuelle.

Chaque année, une réunion commune peut ainsi être organisée et se consacrer - outre le bilan des actions réalisées l'année précédente - à la préparation et à l'actualisation d'un plan d'action sur 3 ans :

- préparation concrète des échanges de l'année à venir,

- invitations, préprogramme pour l'année suivante,

- pistes de réflexion, priorités pour la troisième année.

On définira ainsi les thèmes de travail qui détermineront les publics visés et les partenaires locaux qui devront être associés aux actions.

Pour une approche progressive

Pour les premières actions, il est conseillé de commencer par des échanges entre structures bien organisées et regroupant un grand nombre de « ressortissants » (établissements scolaires, associations, clubs locaux, structures d’animation pour les jeunes…). Elles sont facilement mobilisables, à condition de les convaincre de l’intérêt d’un échange et de les aider sur les aspects logistiques et interculturels. Ces rencontres seront facilités par la présence d'homologues dans la ville jumelle car les centres d’intérêt communs les favoriseront.

On n’oubliera pas de prévoir, dès le début, des échanges entre élus municipaux et représentants des administrations locales pour échanger sur le fonctionnement des deux communes et sur les politiques locales menées dans tel ou tel domaine.

Rechercher de nouveaux centres d'intérêt

Très rapidement, les animateurs du jumelage devront aussi penser à diversifier les échanges. En menant une réflexion sur les spécificités locales, en analysant les échanges déjà réalisés, en repérant les "habitués", ils pourront identifier ceux qui n'ont pas eu l'occasion de participer aux échanges, et s'interroger sur les thèmes qui seraient susceptibles de les intéresser. On pourra s’inspirer du thème de l’Année européenne, célébrer ensemble la journée de l’Europe, le 9 mai, s’initier mutuellement à des pratiques sportives, culturelles, associatives inconnues dans la ville partenaire.

Associer les jeunes

L’un des objectifs prioritaires d’un jumelage doit être sans conteste l’initiation à la mobilité, en particulier des jeunes. Car la mobilité, cela s’apprend. Or, de génération en génération, l’exigence de mobilité se fait de plus en plus forte car elle est susceptible d’accroître l’employabilité. Au 21è siècle, de plus en plus d’individus auront l’opportunité ou l’obligation de s’expatrier pour leurs études, pour apprendre un métier ou pour l’exercer de manière temporaire ou permanente en dehors de leur pays. Lorsque l’on a eu l’occasion de participer à des échanges dès le plus jeune âge, par exemple dans le cadre d’un jumelage, ces choix de parcours ou de vie sont alors plus faciles à faire.

Les échanges scolaires

Il faut bien entendu encourager des échanges entre établissements scolaires. Il convient cependant de garder à l’esprit qu’un établissement scolaire n’a pas vocation à organiser des échanges. Il ne s’impliquera dans des relations avec la commune partenaire que s’il y trouve un intérêt pédagogique, s’il dispose d’enseignants disponibles, de moyens et de soutiens suffisants et s’il estime que les bénéfices des échanges sont supérieurs aux contraintes qu’ils engendrent. Les promoteurs du jumelage s’attacheront donc à impliquer les milieux éducatifs en proposant notamment des moyens d’accompagnement (financiers, logistiques, encadrement…) adaptés à leurs exigences. A noter l’existence du programme e-Twinning () qui peut être un excellent moyen de débuter un partenariat entre établissements scolaires.

Car les partenariats entre établissements scolaires ne peuvent se réaliser que si le chef d’établissement et suffisamment d’enseignants sont volontaires et motivés. Les échanges sont organisés dans un cadre pédagogique et règlementaire bien spécifique, en général pendant le temps scolaire. La conception et le contenu des actions relèvent exclusivement des établissements. Enfin, compte tenu de la disponibilité des enseignants, des mouvements ou des priorités pédagogiques de chaque établissement partenaire, la pérennité des échanges n’est pas assurée.

Le cadre informel

Il est important d’offrir également aux jeunes la possibilité de participer à des échanges hors du cadre scolaire, ne serait-ce que pour leur proposer un autre contexte. Les Conseils municipaux d’enfants et de jeunes, lorsqu’ils existent, doivent être encouragés à s’impliquer. Les structures spécialisées dans l’accompagnement des jeunes, leurs animateurs bénévoles ou professionnels doivent être associés.

De plus en plus de comités / associations de jumelage créent des espaces en leur sein, souvent appelés "Sections Jeunes" du comité de jumelage, qui ont la responsabilité des actions destinées aux jeunes de la commune, hors du cadre scolaire. Cette formule a vocation à "préparer la relève" en faisant des jeunes des acteurs à part entière et non des "consommateurs" d'échanges. Si ce type d’espace est pertinent dans certain cas, il ne constitue pas toujours la panacée. D’une part, les jeunes sont très mobiles (centres d’intérêt, études…). Ils s’impliquent dans des domaines où ils ont un intérêt immédiat. Il est donc difficile de les fidéliser. D’autre part, ils peuvent se sentir trop à l’étroit dans des « structures » telles que les comités de jumelages. Dans ce cas, on les mobilisera au coup par coup, au moins pour les projets auxquels ils sont appelés à participer.

Pour les enfants et les adolescents, la nécessité de "construire l'Europe" n'apparaît pas de la même manière qu'à leurs aînés. Ils n'ont connu ni la guerre, ni les frontières à l'intérieur de l'Europe. Pour eux, l'Europe sans frontières existe déjà. Ils n’ont ni le même discours, ni les mêmes motivations que les adultes et ils ne sont pas curieux des mêmes choses. C’est pourquoi la conception des échanges de jeunes est une alchimie très délicate. C'est en les associant très étroitement à la mise en place des actions qui les concernent directement que les jeunes pourront exprimer leurs souhaits. Ils seront  impliqués dès la préparation des projets. On prendra soin d’éviter tout cadre formel. On les laissera proposer des idées. On donnera libre cours aux formes d’expression et de communication qu’ils affectionnent. On leur fera confiance et on leur donnera des responsabilités (accompagnement, encadrement, budget…) dans l’organisation des actions.

Enfin, les jeunes ont également un fort intérêt pour les projets à caractère individuel, tels que les stages, les jobs, ou encore les missions de volontariat dans un autre pays européen. Le jumelage représente alors un cadre permettant d'encourager ces initiatives en facilitant les démarches autour du projet : recherche du "poste" (entreprise locale, services municipaux), hébergement en famille, informations sur les co-financements potentiels.

"Faire ensemble"

Pendant les premières phases du partenariat prédominera une relation de type "hôte-invité". C'est le temps de la connaissance réciproque, de la découverte de l'autre, de ses habitudes, le temps du "vivre ensemble".

Le jumelage ne saurait se limiter à cette seule relation. Une autre dimension doit rapidement être proposée : celle qui consiste à réaliser un projet commun, à "faire ensemble". Les domaines sont nombreux dans lesquels il est possible de préparer puis de réaliser des actions de toutes natures : échanges d’expériences, voyages d’études, participation à des réalisations ou initiatives locales, actions communes de solidarité internationale, projets menés conjointement vers des pays en voie de développement.... Parce qu'elles mènent à des confrontations d'idées, de méthodes de raisonnement et de travail, ces actions ouvrent la porte à un approfondissement des relations et à un enrichissement réciproque sans égal.

Les dispositifs  communautaires tels que le programme « l’Europe pour les citoyens » ou « jeunesse en action » ou l’intervention de l’Office Franco-Allemand pour la jeunesse ont pour but d’encourager les porteurs de projets à travailler dans ce sens avec leurs partenaires.

Anticiper les aléas d’un partenariat

Parmi les 6 000 jumelages européens engagés par les communes françaises, il est frappant de constater que la plupart résistent plutôt bien au temps. Dans bien des cas, les échanges se sont succédés sur plusieurs générations, ils se sont diversifié, enrichis, étendus à d’autres partenariats et continuent à mobiliser les acteurs locaux. Les communes qui célèbrent désormais leur 50ème anniversaire de jumelage sont suffisamment nombreuses pour témoigner de cette constance dans l’action européenne. Il faut s’en féliciter.

Cependant, si un jumelage n’a pas de durée limitée, il na pas forcément vocation à durer éternellement. Comme nous l’avons vu, le jumelage repose à la fois sur un engagement politique entre deux collectivités, sur l’implication d’animateurs bénévoles et sur l’adhésion des acteurs locaux.

Si la dimension politique d’un partenariat est importante, c’est avant tout sa dimension humaine qui le caractérise, avec ses points forts, mais aussi avec ses aléas. Ils sont d’autant plus nombreux que l’on évolue dans un cadre interculturel.

L’alternance politique dans l’une ou l’autre des communes partenaires peut mettre en danger la pérennité des liens si la nouvelle équipe n’est pas convaincue de l’intérêt du jumelage. Des contretemps liés à des impératifs locaux sont susceptibles de compromettre un échange au dernier moment. Des difficultés financières peuvent conduire à suspendre les activités. Des divergences peuvent naître sur la conception d’un projet…

Face à ses vicissitudes, il est important de faire preuve d’écoute, de tolérance, de patience et de persévérance. Si un nouveau maire est élu dans la commune partenaire, son homologue lui adressera un courrier de félicitations dans lequel il lui exprimera tout l’intérêt que représente le jumelage pour les deux communes. Il l’invitera à une rencontre dès que possible. Si le comité de jumelage éprouve le besoin de faire une pause pour se réorganiser ou se renouveler, on n’hésitera pas à le faire savoir à nos homologues. Dans le cas de divergences sérieuses ou fautes de bénévoles suffisamment motivés, il peut être envisagé de mettre le partenariat en sommeil, en prenant soin de faire le point de temps en temps.

Enfin, dans certain cas, on pourra être amené à considérer que le partenariat, qui répondait à une attente locale à une époque donnée, ne recueille plus l’adhésion dans les communes concernées. Si l’arrêt des relations s’impose et contrairement à une idée reçue, il pourra être décidé par le Conseil Municipal au moyen d’une délibération qui remplace et annule celle qui avait été adoptée en son temps pour la création du partenariat .