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Association Française du Conseil des Communes et Régions d'Europe

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Session européenne d’échanges sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale Créteil, les 26 et 27 novembre 2012

 

Les 26 et 27 novembre dernier, L’Association Française du Conseil des Communes et Régions d’Europe a organisé à Créteil, à l’invitation du Conseil Général du Val de Marne, une session européenne d’échanges portant sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Cette rencontre était le cinquième volet d’un programme de travail conçu dans le cadre d’un réseau de coopération intitulé « Winning in Twinning ». Lancé par l’Association Lettone des Gouvernements Locaux et Régionaux, notre association partenaire au sein du Conseil des Communes et Régions d’Europe, ce réseau a bénéficié du soutien de l’Union européenne au titre du programme communautaire « l’Europe pour les citoyens »

Une quarantaine de professionnels et de responsables associatifs engagés dans l’action sociale ont échangé avec des représentants locaux venant de Bulgarie, d’Estonie, de Malte, de Lettonie et de Roumanie.

Les travaux ont été ouverts par Mme Simonne ABRAHAM-THISSE, Conseillère Générale Déléguée, chargée des projets et financements européens du logement et de l’habitat, Membre du Comité Directeur de l'AFCCRE et par M. Andris JAUNSLEINIS, Président de l’Association des Gouvernements Locaux et Régionaux de Lettonie et membre du Conseil Municipal de Ventspils.

Dans un premier temps, les échanges ont porté sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale dans un contexte européen. Mme Jeanne DIETRICH, Conseillère technique Emploi et Logement, Pôle Lutte contre les Exclusions de l’Union Nationale Interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et Sociaux (UNIOPSS), a souligné que, parmi les cinq priorités de la stratégie Europe 2020, l’Union européenne s’est donnée pour objectif réduire le taux de pauvreté de 25%, soit 20 millions de personnes. Elle a présenté les différents moyens d’action qui existent sur le plan communautaire et leur déclinaison au niveau des Etats-membres. 

Pour sa part, M. Pascal RODIER, Secrétaire national en charge des questions européennes au Secours Populaire Français (SPF), a évoqué les grandes inquiétudes suscitées par les propositions de la Commission européenne concernant l’avenir du Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD). Le SPF bénéficie de ce programme pour la moitié des 186 millions de repas distribués chaque année à 1,2 millions de personnes. Or ce programme qui permet de financer l’aide alimentaire dans 21 Etats membres à hauteur de 500 millions d’Euros par an (dont 71 millions pour la France) fait l’objet d’un débat tendu en ce qui concerne son financement à partir de 2014. Devant le risque de diminution de sa dotation budgétaire les quatre organisations françaises partenaires du programme (le Secours populaire français, la Croix Rouge Française, les Resto du Cœur et la Banque Alimentaire) se sont mobilisées, à travers une campagne intitulée « Air food project » www.theairfoodproject.com pour défendre ce dispositif désormais indispensable à l’action des ONG européennes.

Une première table ronde portant sur l’action des collectivités territoriales a été animée par Mme Claudine AMAURY, Animatrice locale d’insertion, Conseil Général du Val de Marne, Mme Mériem EL MHADHBI, Assistante sociale à l'Espace Départemental de Solidarité d'Orly, M. Claude GASCARD, Maire-Adjoint de Champigny-sur-Marne, Délégué régional de l’Union Nationale des Centres Communaux d’Action Sociale pour l’Ile de France et pour le Département du Val de Marne. M. Māris PUKIS, Association des Gouvernements Locaux et Régionaux de Lettonie. Les débats ont permis de comprendre comment les collectivités territoriales des différents pays s’organisent pour faire face aux difficultés matérielles sur leur territoire. Le Revenu de Solidarité Active (RSA), dont 35 000 personnes sont bénéficiaires dans le Val de Marne, a également été présenté aux représentants locaux des pays partenaires. Enfin cette table ronde a été illustrée par une visite à l’Espace Départemental des Solidarités de Vitry-sur-Seine où son responsable, M. Jérôme Huet a présenté les différentes missions assurées par les 70 agents de cet établissement.

La deuxième table ronde était consacrée à des exemples de bonnes pratiques. Face à l’augmentation du chômage, de la précarité et du nombre de démunis en Europe, les collectivités territoriales sont confrontées à une pression de plus en plus forte. Pour répondre à la crise, elles doivent imaginer des solutions afin de protéger les plus vulnérables de leurs concitoyens. Un certain nombre d’initiatives ont été présentées par M. Marc NECTAR, Chef de Projet Insertion Logements Roms au Conseil Général du Val de Marne, M. Claude GASCARD, Mme Michèle CORMIER, responsable de l'Espace Départemental de Solidarité de Joinville/St-Maure, Mme Isabelle FOURAT, responsable de l'Espace insertion de Champigny-sur-Marne, M. Jean-Luc RAULET, responsable social de territoire, Mme Sirje KREE, Directeur du Service de Santé de la Ville de Tartu (Estonie), Mme Mariela PETROVA de l’association RAM “Central Stara Planina” (Bulgarie) et Mme Mihaela NEAGOE, Chargée des relations internationales de l’Association intercommunale « Mountain Community Iezer Muscel » (Roumanie).

 Ces expériences concernaient notamment la construction d’un site d’hébergement appelé le Hameau du Bouvray pour 79 résidents Roms à Orly. Elles portaient également sur la mise en place de parcours spécifiques d’insertion pour les personnes âgées isolées, sur la prise en charge sociale et médicale des personnes souffrant de troubles psychologiques, sur l’accès aux droits des sans domicile fixe et des migrants. De plus le soutien aux proches (caregivers) qui prennent soin de personnes en perte d’autonomie et l’accès à l’emploi des jeunes en rupture scolaire ou faiblement qualifiés ont été abordés.

 Le dernier temps de travail avait pour but de valoriser l’engagement associatif à travers la présentation, par des représentants d’associations, d’initiatives menées localement ou à une plus grande échelle en direction des personnes défavorisées. 

M. Samba YATERA, Directeur-Adjoint du Groupe de recherche et de Réalisations pour le Développement rural (GRDR) a évoqué les actions que son organisation développe en direction des migrants résidant en France et qui intègrent notamment la question de la communication interculturelle. Il a souligné les difficultés liées au vieillissement des travailleurs migrants et à leur parcours professionnel souvent trop chaotique pour bénéficier pleinement des droits à la retraite. 

Mme Sonia MANAÏ, Chargée de l’accompagnement social et professionnel a présenté l’association Ateliers Sans Frontières, de Bonneuil-sur-Marne, qui accueille durant un à deux ans 60 personnes dont des sans domiciles fixe, des toxicomanes, des anciens détenus. Cette association assure une mission d’insertion par l’activité économique et s’efforce de stabiliser les personnes accueillies en recherchant des solutions de logement, de soins médicaux et de formation. Une réadaptation à l’emploi leur est également proposée à travers une activité de logistique (préparation de commandes pour un fabricant de chaussure) et de revalorisation de matériel informatique.

Mme Michèle GESTER, Présidente de l’Escale, épicerie sociale et solidaire au Plessis-Trévise, a précisé que son association regroupe 24 bénévoles pour la mise à disposition d’une aide alimentaire à des familles ou personnes inscrites auprès de l’Espace départemental des solidarités. 60 % des bénéficiaires sont des femmes seules avec des enfants, des travailleurs pauvres, des personnes en situation de surendettement et de plus en plus de retraités locataires de leur habitation. Parmi ses partenaires, l’Escale travaille avec la Banque Alimentaire d’Ile de France qui dispose d’une plateforme à Arcueil que les participants ont visité à l’invitation de M. Philippe NIETO, administrateur bénévole chargé de la communication. Ce dernier a souligné que la nourriture, qui revêt une dimension sociale, culturelle et religieuse, est le préalable à toute réinsertion. Il a précisé que la Banque Alimentaire d’Ile de France (BAPIF) est un des 97 sites et antennes regroupés en 10 zones interrégionales en France qui collectent et distribuent en tout 89 000 tonnes de denrées alimentaires représentant 178 millions de repas distribués via 5 100 associations de solidarité. Dans la Région Ile de France, la BAPIF collecte et distribue 7 500 tonnes de produits par an représentant 15 millions de repas pour 96 500 personnes. Elle est animée par 80 bénévoles et 9 permanents. Les principales sources de financement et d’approvisionnement de la Banque alimentaire sont l’Union européenne (39%) via le PEAD, la grande distribution (24 %), l’industrie agroalimentaire et les producteurs (19), la collecte auprès des particuliers (11.5%), l’Etat et les collectivités territoriales. Revenant sur l’avenir du PEAD évoqué au début de la session, il a été souligné que « si la générosité n’est pas en crise » une diminution des crédits de l’Union européenne serait un véritable désastre qui plus est dans un contexte ou les besoins ne cessent d’augmenter.