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Association Française du Conseil des Communes et Régions d'Europe

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Le 29 mai 2018, le troisième dialogue sur la politique européenne de cohésion, organisé par l’AFCCRE, s’est tenu à la Médiathèque de La Rochelle, accueilli par la Communauté d’agglomération de La Rochelle et la Région Nouvelle Aquitaine

Une soixantaine de participants de tous horizons (élus, agents territoriaux, militants associatifs, entrepreneurs, universitaires, étudiants, citoyens,…) et venus de tout le territoire de la Région ont pu assister à cet évènement animé par le journaliste Stéphane Vacchiani.

En ouverture, Michel Sabatier, Vice-Président en charge des relations internationales à la Communauté d’agglomération de La Rochelle, a rappelé le bénéfice que le territoire avait pu tirer des fonds européens dans les périodes difficiles des années 1980, quand il a fallu accompagner la reconversion économique consécutive aux crises des chantiers navals et de l’automobile. Si l’économie est aujourd’hui dynamique, et que la ville est à la pointe dans certains domaines, comme l’écomobilité urbaine, c’est toujours en partie grâce aux fonds européens, qui assurent un effet levier important : il estime ainsi que les 22,8 millions de FEDER touchés entre 2007 et 2013 ont généré au total plus de 100 millions d’investissements.

En écho à ces propos, Isabelle Boudineau, Vice-Présidente de Nouvelle-Aquitaine en charge de l’Europe et de l’International a reconnu l’importance des fonds européens combinés aux aides régionales pour le financement de l’innovation dans les territoires. C’est pourquoi elle a fait part de son inquiétude de voir un futur cadre financier qui ne soit pas suffisamment ambitieux au regard des nouveaux objectifs que sont la défense, l’accueil des réfugiés, le climat et l’innovation. Selon elle, les institutions sont à la croisée des chemins, et un budget trop peu ambitieux pour les fonds de cohésion poserait de graves difficultés pour permettre d’accompagner les acteurs économiques et sociaux.

A l’issue de ces mots d’introduction, une première séquence s’est ouverte, sous forme d’un temps de témoignage, avec des porteurs de projets ayant bénéficié de différents types de financements européens. Ainsi, Philippe Marais, Vice-Président de l’agglomération de Rochefort-Océan en charge de la Solidarité territoriale, a expliqué l’importance du FSE dans le financement (à hauteur de 50%) des Plans locaux pour l’insertion et l’emploi. Ce programme a profité à 1482 personnes en difficulté en 2017 sur son territoire : un tiers a pu en sortir, et 232 ont trouvé un emploi durable. Il a également clairement dit qu’une baisse des dotations FSE entraînerait mécaniquement une réduction du nombre de personnes accompagnées, la collectivité étant dans l’impossibilité de compenser. 

Arthur Leopold-Léger, fondateur d’une entreprise aéronautique innovante, Elixir Aircraft, basée à La Rochelle, a expliqué comment l’obtention d’un financement FEDER lui avait permis de rassurer les investisseurs et de boucler un premier tour de table, permettant ainsi à l’entreprise de se lancer. Deux ans plus tard, les certifications du nouvel appareil sont en bonne voie, et 35 précommandes ont été enregistrées, générant des dizaines d’emplois, dans l’entreprise et chez les partenaires et sous-traitants basés dans les environs. 

Emmanuel de Fontainieu, Conseiller municipal de La Rochelle en charge des Musées a quant à lui présenté un tout autre aspect programmes européens, avec le projet MMIAH. Ce projet, développé dans le cadre du programme Interreg « Aire Atlantique » permet la préservation de l’identité des côtes atlantiques en appuyant la restauration et la valorisation du patrimoine historique maritime, militaire et industriel. A La Rochelle, les études portent notamment sur la mise en valeur du patrimoine dépendant du Musée maritime, et notamment le Slipway, plan incliné affecté à l’entretien des bateaux, déplacé pendant la guerre par l’armée allemande depuis les Pays-Bas et utilisé jusqu’aux années 1980, mais aussi l’ancien navire météo France 1.  

En conclusion de cette séquence un message vidéo de Dana Spinant, Directrice de la Communication, représentant la DG REGIO, a été diffusé, cette dernière ne pouvant être présente du fait de l’adoption le même jour du Règlement sur le Cadre financier. Dans son message, elle s’est voulue rassurante sur le niveau des coupes budgétaires envisagées, qui ne devrait avoir qu’un effet limité au regard du défi que constitue l’élaboration d’un budget avec plus de priorités et moins de moyens du fait du départ du Royaume-Uni.

Un second temps de débat plus politique et d’échanges avec la salle a ensuite eu lieu, réunissant Isabelle Boudineau et Jean-François Fountaine, Maire et Président de la Communauté d’agglomération de La Rochelle. Ce dernier a notamment insisté sur l’importance de continuer à accompagner tous les territoires, sur des projets de toutes tailles, et de ne pas être tenté par une approche favorisant les grandes opérations. En effet, les moyens vont déjà en priorité aux grandes métropoles, et les agglomérations moyennes ont besoin d’accompagnement pour rester compétitives et dynamiques, et éviter le phénomène de métropolisation et tous les problèmes qui en découlent. Il a aussi souligné l’importance de la dualité des fonds européens qui assurent aussi bien le financement de l’innovation et de l’excellence que la lutte contre l’exclusion. Sur ce dernier point, il a rappelé combien les politiques d’insertion et de formation sont importantes dans un bassin d’emploi qui compte 10500 postes à pourvoir.

La Vice-Présidente de la Région, quant à elle, a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de fatalité à ce que les fonds de cohésion au sens large soient la variable d’ajustement dans le futur cadre pluriannuel. C’est la seule politique qui rapproche concrètement l’Europe du citoyen dans les territoires, et elle a appelé à se mobiliser pour la défendre auprès de la Commission et des Etats membre, et en lien avec le Parlement européen. En termes de priorités, elle a aussi appelé à défendre une réelle ambition pour le climat, la recherche et développement ou encore la compétitivité.

En conclusion, Christophe Chaillou, Directeur général de l’AFCCRE a relevé que tous les intervenants avaient appelé de leurs vœux le maintien d’un cadre financier ambitieux, qui ne sacrifie pas les politiques traditionnelles aux nouvelles priorités, et qui ne laisse aucun territoire et donc aucun citoyen de côté. A cette fin, il a rappelé l’intérêt d’une démarche commune entre les différentes associations d’élus et de collectivités, pour défendre au mieux cette ambition auprès du gouvernement français et à Bruxelles. Il a enfin convié l’assistance à l’Université de l’AFCCRE qui se tiendra mi-octobre à Toulouse, au cours de laquelle aura lieu la restitution nationale de cette série de Dialogues dans les territoires.