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Association Française du Conseil des Communes et Régions d'Europe

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Des élu.e.s engagé.e.s

Dans cette période exceptionnelle, l'AFCCRE donne la parole à des elu.e.s engagé.e.s dans leur territoire et attaché.e.s à la coopération européenne et internationale.

Deuxième témoignage : Mme Mélanie LEPOULTIER, Vice-Présidente du Conseil départemental du Calvados, Maire de Sommervieu, membre du Bureau de l'AFCCRE

"La quatrième définition du nom « confinement » est ainsi libellée :
« Ensemble des conditions dans lesquelles se trouve un explosif détonant quand il est logé dans une enveloppe résistante ».

Les conditions étaient posées, celle d'un défi sanitaire. L'explosif : cette matière humaine du XXIème siècle, instable, dans le mouvement permanent, à la recherche d'un temps perdu ou à gagner. L'enveloppe : ces murs, connus de chacun, réceptacle soudain de télétravaux, d'introspection, d'émotions partagées ou elles-mêmes confinées.

Au-delà d'un vaste puzzle administratif et des responsabilités entrelacées, cette période fut celle de rencontres. Avec soi-même en tant qu'être humain soumis aux affres d'un temps qui s'étire autant que l'espace se recroqueville. Mais aussi en tant qu'élue : réactivité, agilité, responsabilité. Rencontre avec sa commune et ses habitants. Comme une redécouverte de chemins, de rues, d'arbres et de demeures souvent ignorées d'un coup d'oeil. Redécouverte d'un bonjour qui n'est plus feint, de mots sincères sur la santé de chacun. Rencontre avec un passé, des souvenirs qui surgissent et s'expriment au détour d'un brin de muguet distribué.

Ici, la guerre et le débarquement sont sur toutes les lèvres serrées par le temps. « A cette époque, c'était triste mais, au moins, on entendait le bruit des chevaux... ». Echo d'une histoire parfois confinée dans les mémoires. Non loin du mur derrière lequel elle s'était cachée le soir du 7 juin 1944, une vieille dame me dit avec douceur « ce jour-là, comme aujourd'hui, chacun était utile là où il était ». Cette petite phrase résumait très bien que que nous vivons. Chacun à sa place pour faire vivre nos villages, nos territoires, notre nation, notre Europe et notre monde. Chacun à sa place pour assurer la solidarité, la proximité, la subsidiarité indispensables. Face à une épidémie mondialisée, pour que Chine et Etats-Unis ne soient pas l'étau de notre avenir, c'est vers l'Europe que nos espoirs se dirigent. Une Europe de la santé, de la solidarité, de l'économie, une Europe seule à nous offrir une place dans la bataille des géants. Plus que tout, cet isolement contraint nous a rappelé combien nous étions viscéralement attachés à notre liberté de circuler. Cette liberté, garantie par l'Europe, fondement de la citoyenneté européenne, a élargi notre horizon. Gardons ce cap pour que l'Europe ne soit pas notre but mais le médium pour construire notre futur !"