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« Les dirigeants européens se doivent de doter l’Union d’un budget ambitieux et volontariste »

 

Les 22 et 23 novembre, les membres du Conseil européen vont se réunir afin de trouver un accord sur le cadre financier pluriannuel 2014–2020. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union doivent saisir l’occasion qui leur est donnée d’envoyer un signal fort –en particulier à ceux qui mettent en doute la capacité de nos dirigeants à s’entendre sur les moyens de mener la politique européenne- en adoptant un budget ambitieux, adapté aux enjeux qui se posent à l’Europe, ses territoires et ses citoyens. Le message doit être celui de l’ambition et du volontarisme, et non pas celui des rabais et des coupes.

Les propositions faites par Herman VAN ROMPUY, Président du Conseil européen, ne vont malheureusement pas en ce sens. 

La diminution des fonds attribués aux deux principaux postes budgétaires, à savoir la PAC et la politique de cohésion, ne peut raisonnablement pas être acceptée en l’état. L’Europe doit se donner les moyens de mener à bien son projet, basé notamment sur le développement de tous ses territoires. Les pays bénéficiant le plus de la politique de cohésion ne doivent pas servir de « variables d’ajustement » pour les Etats contributeurs nets. Cela va à l’encontre du principe fondateur de l’Union, celui de la solidarité.

L’AFCCRE a fait savoir, et ce dès les premières consultations sur l’avenir des politiques européennes, que la stratégie Europe 2020 ne recouvrait que partiellement les problématiques relevant de la cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union. Je souhaite réaffirmer que le cadre financier pluriannuel tel qu’il est proposé aujourd’hui ne peut se concentrer uniquement sur quelques priorités issues de cette nouvelle stratégie.

 Je déplore également le manque de moyens en faveur des projets liés à la citoyenneté européenne. Notre continent traverse sa plus grave crise depuis la création de l’Union. Nombreux sont nos citoyens qui ont perdu confiance dans le projet européen. La lutte contre l’euroscepticisme et le repli sur soi doit être une priorité. Les programmes communautaires tels qu’ « Europe des citoyens » sont des outils qui contribuent à résorber la distance entre l’Union et les populations qui y vivent. Nous devons leur apporter une attention toute particulière.

Le traitement du développement rural, « renvoyé » une nouvelle fois dans le giron de la PAC, risque de conduire à une marginalisation des territoires ruraux au regard des dynamiques de compétitivité générées par les programmes des fonds structurels et de l’accent mis sur la dimension urbaine. Une bonne application du principe de cohésion territoriale est indispensable pour conduire à une égalité de traitement entre les territoires.

Enfin, je souhaite que l’ensemble des politiques européennes impliquent davantage les collectivités territoriales, échelon de gouvernance le plus proche des populations. Les compétences de l’Etat et des collectivités territoriales doivent être prises en compte pour une meilleure efficacité des fonds européens. 

Les dirigeants européens doivent résolument se tourner vers l’avenir, et ce dès aujourd’hui. Mon souhait est qu’ils s’inspirent de l’énergie des Pères fondateurs qui ont su, au lendemain de la guerre, s’entendre sur l’ambitieux projet européen.


Louis LE PENSEC
Ancien Ministre
Président de l’AFCCRE